Délégationde Franche-Comté

« Avec vous, j’ai découvert la fraternité »

Témoignage lors de la conférence du 19 janvier 2018 à Besançon.

publié en mars 2018

Ces mots d’Amalya ont retenti d’une manière douloureuse, vendredi 19 janvier.

Une conférence de presse se tenait au Centre diocésain de Besançon. Animée par Antoine Aumonier, délégué du Secours Catholique pour la Franche-Comté, elle réunissait une cinquantaine de proches d’Amalya, Oybek et leurs deux filles, des amis, des camarades de classe, des professeurs, des voisins, des associations, des soignants, des amis des églises protestante et catholique… Ils étaient là pour témoigner que cette famille est intégrée et qu’elle mérite le droit d’asile.

Pourtant, mardi 9 janvier 2018 à 6 heures du matin, cette famille d’Ouzbékistan a été interpellée à son domicile par la police alors qu’elle vit en France depuis cinq ans. Les policiers sont venus avec quatre billets d’avion pour reconduire Amalya, Oybek et leurs deux filles vers leur pays d’origine. La famille a résisté car elle se sentait en danger dans son pays d’origine. Après une heure trente de négociation, la police n’a pas réussi à contraindre la famille à partir et a préféré quitter les lieux. Amalya était tellement choquée par cette interpellation qu’elle a dû être évacuée aux urgences de l’hôpital.

Depuis cet événement, la famille se cache, elle vit dans la clandestinité et a dû quitter son logement par peur que les autorités viennent de nouveau pour l’expulser du territoire. La famille a quitté son pays d’origine car elle y était menacée de mort. Elle ne peut pas y retourner, car là-bas le fait de quitter le pays sans autorisation est puni d’emprisonnement et vous fait courir le risque d’être torturé. En retournant en Ouzbékistan les membres de cette famille risquent l’emprisonnement.

La conférence de presse a permis d’entendre des témoignages unanimes : cette famille est intégrée à notre pays, elle parle français couramment, elle a de nombreux amis et de nombreuses personnes les considèrent comme faisant partie de leur famille.

Le Secours Catholique est inquiet de l’orientation du projet de loi asile-immigration qui va être déposé au gouvernement et examiné par l’Assemblée nationale à partir de mars 2018, car ce projet de loi ne prend pas en compte ce réel qui est la vie même, cette vie dont ces témoignages sont le signe tangible.

Le Secours Catholique demande à nos concitoyens, à nos députés, à nos dirigeants d’accepter de regarder cette réalité sans avoir peur, à poser un regard bienveillant sur ces personnes et à éprouver la joie reçue dans ces rencontres. Cette rencontre est belle et pleine d’avenir pour nous tous.

C’est pour ces raisons que la demande de régularisation de la famille d’Amalya et Oybek est soutenue par le Secours Catholique. Accueillir nous rend plus humains, plus riches, plus heureux aussi. Nous témoignons que cette famille, à l’image d’autres, apporte beaucoup à notre pays et souhaite continuer à le faire.

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