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Jardins de Gray
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Jardins à Gray

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J'aime bien rire !
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Marie-France, jardinière depuis plus de 10 ans, résume ainsi sa motivation pour venir au  « Jardin Gilbert Paille », animé par le Secours Catholique de Gray (Haute-Saône). Avec une quinzaine d’autres bénévoles, elle fait partie d’une équipe souriante et fière de présenter leur domaine. Situé sur une grande parcelle de près de 10 hares, à la sortie de Gray, proche du quartier des Capucins et en bordure du cimetière, il représente 16 parcelles et à peu près autant de jardiniers. Depuis 2007, Gilbert et Nicole Paille ont pris la relève d’un jardin d’insertion pour donner la possibilité de cultiver ensemble des parcelles de 5 mètres sur 12. Elle y a imprimé sa marque.

« J’attends le vendredi avec impatience. Je viens avec un gâteau pour créer l’ambiance. On parle, on s’entraide. » Nicole

Nicole, co fondatrice de ce jardin avec son époux aujourd’hui décédé, continue à venir chaque vendredi au Jardin pour prendre soin de chacun, animer une vie collective afin qu’elle reste légère et joyeuse. Elle peut aussi conseiller ou même fournir des plants aux jardiniers. Cette année, elle est venue de son jardin de Pesmes avec 184 plants de tomate pour les jardiniers ! Une ou deux fois par an, Nicole organise une sortie. La visite du village de Pesmes, un après-midi au son de l’accordéon… Nicole veille pour que le climat soit toujours fraternel. Une charte a même été écrite. Elle donne des repères mais doit toujours être ajustée avec l’arrivée de nouveaux jardiniers. 

« Après la retraite, c’était le grand vide. Je suis venue par une amie pour combler ce vide. Comme j’ai toujours travaillé la terre. Je suis heureuse ici. » Martine

Les vies ne sont pas toujours faciles. Les relations familiales, l’isolement, des budgets trop faibles…. Cette rencontre hebdomadaire rassemble les jardiniers qui sinon viennent plusieurs fois par semaine mais ne se croisent pas toujours. Elle fait du bien à tous.

 « Moi aussi j’en ai entendu parlé par un autre jardinier. J’étais seule. J’ai trouvé ça sympa. Ca fait voir du monde. Quand on a des soucis perso, les autres vous remontent le moral. » Joëlle

Ce jour de visite, le Jardin accueille les participants de la rencontre des équipes de Haute-Saône qui se sont réunis le matin pour échanger ensemble. Une autre forme d’entraide. Parmi eux, un bob bleu se promène, Philippe de Finance, le président de la Délégation de Franche-Comté, à l’écoute. Un tour du jardin précédé d’un tour de parole permet de mieux saisir ce qui se vit ici. 

« Je venais d’emménager dans le quartier et une voisine m’a parlé du jardin. Ça fait rencontrer du monde. » Dominique

Echanger sur des techniques de jardinage, s’épauler lorsque les chardons l’emportent sur les plantations, parler de la pluie et du beau temps dans sa vie…. Ces temps vécus ensemble créent des liens discrets mais forts. Ils viennent soutenir un quotidien parfois aride.

 « C’est ma première année. Je n’ai pas de jardin là où je vis. Ca permet de voir des gens car je suis à la retraite depuis 3 ans, de pouvoir parler, sans se juger. » Régine

Cultiver ensemble, c’est aussi avoir la satisfaction d’accompagner le travail de la nature et de goûter les fruits de cette collaboration un brin mystérieuse. Et ces fruits sont aussi souvent partagés, en témoigne le nombre des jardiniers venus grâce à d’autres qui les ont invités et accueillis. 

« Ca fait plus de 10 ans que je suis jardinière. Tout va bien. Je donne même  des légumes aux amis et je viens à vélo ! » Annie

« On est content quand on voit que ça pousse ! On est fière ! » Alberte

« On vit en HLM avec une petite retraite. Ca permet de sortir et de manger des produits de qualité ».  Bernard

Mis à disposition par la Ville de Gray, ce terrain est aussi approvisionné en eau très régulièrement par les services municipaux. Mais un projet de citerne de récupération de l’eau de pluie collectée à partir du cabanon pourrait réduire cette dépendance. 

L’équipe des jardins est en relation étroite avec l’équipe du centre-ville. Des personnes qui viennent chercher de l’aide ou du bénévolat ont pu être orientées vers les jardins. L’idée est de jouer la complémentarité et surtout, la participation de tous. Et petit à petit, germe « la révolution fraternelle ».